Pendant mon stage de M1, j’ai eu l’occasion de jouer à Zombicide avec mes apprenants, et c’est ainsi que j’inaugure une nouvelle catégorie dans ce blog, sobrement intitulée « Jeux » et qui sera donc consacrée… aux jeux. Mais je pense qu’il est important de commencer par le début de l’histoire, que voici.

À titre personnel, j’adore les jeux de plateau. J’en entasse un certain nombre (voire un nombre certain) chez moi, et j’y joue très souvent, avec ma compagne, mes frères et sœurs, mes amis. Tout un entourage enthousiaste avec qui je peux découvrir et partager des jeux aux règles souvent complexes, limite tordues, et qui empruntent volontiers des thèmes typiquement issus de la culture pop, louchant du côté de la science-fiction, de l’heroic fantasy, du kaiju eiga… Des références qui ne sont pas forcément universelles, et je n’imaginais pas forcément réinvestir ça tel quel en FLE.

Et puis en stage, j’ai animé un atelier de conversation, hebdomadaire et plutôt décontracté. J’avais le droit de gérer ça comme je le voulais tant que tout le monde parlait, alors j’ai commencé à préparer des petits jeux. D’abord des jeux créés par moi-même pour cet atelier, imprimés sur feuille A4, puis de « vrais » jeux dont je réaménageais les règles. Je me suis vite rendu compte que pas mal d’apprenants de ce groupe frétillaient en apercevant les dés et les pions au coin de la table quand ils entraient dans la salle, et qu’ils prenaient plus volontiers la parole pour parler de Game of Thrones, Big Bang Theory ou Sword Art Online que pour donner leur avis sur la visite d’un musée ou simuler l’achat d’un billet de train. Je me suis dit que je pouvais leur ramener des jeux plus « obscurs ».

Pour ne pas forcer la main à ceux que ça n’intéressait pas, j’ai demandé un créneau hors des cours, j’ai collé des affiches dans tout le couloir et seuls les volontaires sont venus. Ils n’étaient pas nombreux, même moins nombreux que je l’avais prévu, ce qui a au moins l’avantage de caser tout le monde sans problème sur une seule table de jeu. Et donc, on a joué à Zombicide, un jeu coopératif dans lequels les joueurs doivent, principalement, échapper à une invasion de zombies (chaque personnage et chaque zombie étant matérialisé par une figurine sur le plateau de jeu). Je n’ai pas modifié les règles du jeu, mais je ne les ai pas complètement expliquées non plus. J’ai présenté le contexte, montré les cartes, personnages et quelques éléments du plateau puis j’ai commencé la partie, en prenant d’abord moi-même en charge la gestion des cartes, du plateau, des zombies, tout en apportant quelques explications sur ce que je faisais et quel en était l’impact sur le déroulement du jeu. Peu à peu, les apprenants présents (qui au départ n’avaient que leur propre personnage à gérer) m’ont posé des questions et ont commencé à s’occuper des tirages de cartes et des déplacements de figurines (notamment celles des zombies, qui se déplacent toutes à chaque fin de tour).

Finalement, j’ai pu jouer avec eux comme avec n’importe lequel de mes amis et ils ont pratiqué le français de façon ininterrompue pendant quatre heures… Au terme desquelles la partie s’est soldée par la mort héroïque du dernier survivant, noyé sous une marée d’une soixantaine de zombies. Donc oui, en résumé, on a joué très longtemps et on a perdu, mais la partie était épique, tout le monde a pris des photos du plateau, certains ont sorti leur téléphone portable pour diffuser une musique de fond dans les moments les plus périlleux, et les apprenants ont été unanimes : « On veut jouer à des jeux encore plus compliqués ! ». Gagné.

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