J’en avais brièvement parlé sur Twitter, j’ai participé au café pédagogique organisé par Clé International à Lille, le 7 octobre. J’ai donc assisté à la conférence donnée par Françoise Tauzer-Sabatelli sur le thème suivant : « Enseigner / Apprendre le français dans le cadre d’une pédagogie plurilingue et interculturelle ». Voici mon modeste résumé.

Cette intervention revenait d’abord sur le contenu du Cadre Européen à propos du plurilinguisme, et surtout sur le fait que dans l’application c’est un aspect qui tend à passer plus ou moins complètement inaperçu. Ce qu’évoque le CECRL tourne surtout autour des niveaux, tâches, compétences et perspective actionnelle, alors que le plurilinguisme devrait aussi en être un élément moteur. Dans son premier chapitre, le Cadre indique d’ailleurs que le plurilinguisme favorise à la fois :

  • La citoyenneté européenne et internationale.
  • La compétitivité et la mobilité européennes et internationales.
  • L’apprentissage des langues, l’intercompréhension des langues / cultures.

Or, dans l’enseignement/apprentissage des langues, il y a une tendance récurrente à ne pas prendre en compte, voire à nier, les acquis linguistiques antérieurs des apprenants. Les neurosciences ont montré qu’il s’agissait d’une erreur, car au niveau cérébral il y aurait bien interaction dans l’apprentissage de plusieurs langues (langue première et autres langues).

Ceci évoque la compétence plurilingue et pluriculturelle définie par Daniel Coste, qui n’est pas juxtaposante mais intégrative, avec une mise en relation des langues entre elles.

Aussi dans bien des cas, la didactique des langues et les pratiques enseignantes se sont construites sur le mode du cloisonnement. Apprendre une langue étrangère nécessiterait en quelque sorte d’en préserver le périmètre contre les autres langues, surtout lorsqu’elles sont voisines (par exemple, le portugais et l’espagnol).

Ces présupposés semblent désormais assez largement dépassés.

(Daniel Coste, voir lien ci-dessus)

Mettre en relation la langue cible et la (les ?) langue(s) d’apprentissage ne constitue donc pas un frein, au contraire. C’est partant de ce principe que Françoise Tauzer-Sabatelli nous a présenté le CARAP, que je ne connaissais pas, ainsi que différents outils pour une approche plurielle des langues.

  • La biographie langagière, qui respecte et représente les acquis des apprenants.
  • La conscience phonologique, qui permet une approche physique et acoustique de la langue.
  • L’approche contrastive de la grammaire, par laquelle les langues sont comparées en termes de grammaire et morpho-syntaxe.
  • L’approche (inter)culturelle du vocabulaire, qui s’intéresse aux aspects mentaux reflétés par le vocabulaire.
  • Le regroupement des langues, avec l’intercompréhension entre langues issues d’une même famille.

C’était assez passionnant comme intervention, ne serait-ce que pour la découverte du CARAP et des outils cités ci-dessus. Je pense aussi que ça m’a permis de me poser des questions auxquelles je n’aurai pas forcément pensé… Et ça, ça me paraît particulièrement important. Quand je devrai concevoir des cours, projets, activités, j’aurai en tête ces questions sur le plurilinguisme.

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